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Isabelle Le Besnerais, créatrice de l’école Les mots pour le dire, au Bouscat.

Dernière mise à jour : oct. 24


Isabelle Le Besnerais à l'auditorium : « Les écoles d'anglais se sont multipliées ces cinq dernières années. »© Crédit photo : Photo Philippe Taris


« J’ai un attachement profond à Paris. Plusieurs générations de ma famille y sont nées. Tous mes souvenirs y sont heureux. J’aurais dû étudier les langues et enseigner très tôt. Mais après mai 1968, il y avait chez mes parents une défiance à l’égard de la faculté de Nanterre, où je ne suis pas allée. À 18 ans, j’ai été éblouie par un voyage aux États-Unis. L’ouverture au monde m’a motivée. Je bougeais beaucoup. De New York à Boston, à Londres, en Europe, sac à dos. Je suis devenue assistante de direction trilingue. Je suis arrivée à Bordeaux parce que mon mari a été nommé directeur financier de Castelvin. Pour découvrir la société bordelaise et créer des emplois je me suis d’abord associée afin de créer Bout de chou accueil, une garderie parents enfants à Caudéran, avant de reprendre mes études à 36 ans. J’ai passé le master II de langue et civilisation des pays anglophones et de français langue étrangère à Bordeaux III. Après avoir eu quatre enfants, je me suis réoccupée de moi. Je revenais beaucoup à Paris au début, et Bordeaux souffrait de la comparaison. Puis les perspectives se sont révélées, la couleur a changé. Une ville est née. L’école des pubsJe suis une affective. J’ai fait beaucoup de rencontres qui m’ont permis d’approcher lentement la ville. Après avoir connu nombre d’associations, j’en ai créé une au Bouscat, sous la forme d’une école : Les mots pour le dire. Je donne des cours d’anglais à des groupes d’adultes et d’enfants, des cours particuliers, un peu de soutien scolaire et de formation professionnelle. Ainsi que des cours de français en individuel. J’ai par exemple de jeunes Australiens, et un Népalais qui travaille dans le vin. J’utilise la ville pour qu’ils s’intéressent à la culture américaine et anglaise par les after work. En dehors des cours, une ou deux fois par an, je forme des équipes et je les fais jouer en anglais aux jeux de société. Le côté plaisir est essentiel. Le grand nombre de pubs à Bordeaux nous aide beaucoup. Nous y allons régulièrement et pas seulement pour la qualité de la bière. C’est le prolongement, en anglais, de mes cours. Nous avons nos habitudes au Cambridge Arms rue Rhodes aux Chartrons, au Molly Malone’s sur les quais. J’adorais, avant qu’il ne ferme, le O’Rowlands, rue de Pessac, tenu par un Irlandais qui faisait la cuisine et la musique. Nous allions y chanter le vendredi soir. J’apprécie beaucoup le Paul’s Place, un petit restaurant tenu par deux frères anglais rue Notre-Dame. Ils organisent des soirées poésie et projettent des films. Et dans la même rue, le Lily Blake, une boutique de vêtements. Sans oublier bien sûr la librairie Bradley’s Bookshop, rue des Trois Conils. Dans l’esprit de cet apprentissage plaisir, j’ai le projet qui va aboutir en avril de faire suivre des cours de pâtisserie en anglais.


Nous avons fait l’expérience de fabriquer des cartes de vœux. Nous allons expérimenter aussi des cours dans l’atelier de couture Popeline rue Fondaudège. Comment monter une jupe en anglais ?

Cette ville, incontestablement, a une allure anglaise. On perçoit ce côté british dans l’élégance vestimentaire, la recherche, le raffinement. C’est vraiment aussi une ville de réseaux, et de réseaux qui continuent de prospérer, comme d’ailleurs les écoles d’apprentissage de l’anglais qui se sont multipliées ces cinq dernières années. Quand on veut développer une activité économique il faut en être. C’est une façon de communiquer, d’établir des partenariats et de s’enrichir. J’adhère aux Drôles d’entrepreneures, une association qui ne réunit que des femmes. Nous sommes environ 200.


Je suis inscrite à la FBBA (1), qui rassemble tous les anglophones de Bordeaux. Une fois par mois, nous nous retrouvons au café Bellini sur les allées de Tourny pour parler anglais. Je suis également aux Parisiens de Bordeaux, qui regroupent ceux qui ont voulu vivre ici. J’avais été surprise par ce regroupement qui ne tient pas de la nostalgie mais d’un choix de qualité de vie.

Depuis que j’ai partagé mon cœur entre deux villes, je me sens un peu perdue dans le métro. Je lie ma passion à une agglomération très ouverte sur le monde où figurent pour moi la musique et le vin. À défaut d’une équipe que je n’ai pas pu créer, je m’épanouis dans l’échange et la transmission. Je me sens chez moi. »


Par Christian Seguin

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